Les rois du pétrole

(rien à voir avec les musiciens du même nom)

07 octobre 2008

Home sweet home

Ma collègue Perrette est heureuse, elle vient enfin d'obtenir le permis de construire pour sa maison.

La trentaine à peine entamée elle a donc emprunté sur 20 ans de quoi construire le doux foyer familial : une maison avec un salon, une cuisine, une chambre pour elle et son mari, deux chambres pour les enfants (à venir) ainsi que diverses commodités.

Autant dire que, grâce à l'endettement, ils sont déjà à l'étroit, dans leur maison comme dans leur budget, et n'ont plus que deux ans de tranquillité devant eux.

« Hein ? Quoi ? ! Deux ans de tranquillité ? s'est-elle exclamée.

- Ben oui, tu en as déjà pour un an et demi à deux ans de travaux, de finitions et d'installation.

Après tu voudras souffler. Et c'est là que tu t'apercevras que les chambres des enfants seront quand même drôlement pratiques pour y installer un bureau, ou un dressing, ou un home-cinéma — enfin, tous vos trucs de blaireaux quoi ! — ou simplement pour entreposer ce que tu ne sais pas mettre ailleurs.

Une fois que toutes vos pièces seront bourrées à craquer, le truc qui s'appelle « horloge biologique » va te rappeler qu'il serait temps d'y penser aux gamins.

« Aux gamins car tu penses en faire plus d'un n'est-ce pas ?

— Euh... Oui...

— Eh oui ! Donc pendant les neuf mois qui précèdent la naissance... Hop ! Tu déménages une des chambres pour faire la place à tous les trucs inutiles que vous aurez achetés, ou qu'on vous aura offerts, pour l'occasion. Et là tu te dis... Zut ! Où est-ce qu'on va mettre tout ça ?...

— ...

— Une fois que le gosse sera là, fini les sorties ! Finis les petits week-ends improvisés, finies les soirées entre potes, ou tous ces petits trucs qui font le charme du célibat ou du couple en début de carrière.

De toutes façons, une fois les mensualités acquittées, tu n'auras plus assez pour te payer le babysitting, et puis qui sait ? En vingt ans vous aurez bien l'occasion, l'un ou l'autre, de perdre votre boulot une ou deux fois, alors...

— ...

— Et ce premier gamin ? On ne va pas le laisser tout seul ce premier gamin, non ?

— Ben non...

— Allez ! En route pour vider la deuxième piaule ! C'est le moment de remplacer l'abonnement au câble par celui de « Boxs de banlieue ».

Et la voiture ? Tu renonces à quoi pour changer de voiture ? Parce que bon, la Smart pour transporter deux gniards et les courses du week-end...

Ah les enfants... Ce sont des joies, mais ce sont aussi beaucoup de soucis !

Donc vingt ans de soucis en perspective...

C'est alors que, ton emprunt à peine remboursé, tu devras songer à économiser pour leurs études (puisque dans ton milieu de cols blancs amidonnés, on ne s'oriente pas vers le CAP à quatorze ans, n'est-ce pas ?)... Trop tard ! Il fallait le faire dès leur naissance !

Punaise Perrette ! T'as trente balais et tu viens d'en prendre pour vingt ans !

Je te vois déjà, usée à cinquante berges, croyant avoir « profité » de l'existence alors que tu ne te seras jamais fait que du mouron pour tes fins de semaines et tes fins de mois...

De toutes façons, s'en prendre pour vingt ans de crédit immobilier, faut vraiment avoir une mentalité d'assujetti. Ça te va bien d'avoir voté Sarko ! »

Posté par roisdupetrole à 08:08 - Modes de vie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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13 septembre 2008

Le film de la semaine à éviter s'intitule «Les fils de l'homme»

Dans la série « Les films à éviter cette semaine » est nominé à l'unanimité : « Les fils de l'homme »

Le prospectus de mon cinéma habituel le décrit comme un excellent film de science-fiction et « c'est rare, très rare. Suffisamment pour [qu'ils] le reprogramme » ajoute-il.

Wouaouw ! C'est donc pour ça et pas parce qu'il y aurait une case à boucher dans le programme estival et que le film serait loué sans minimum garanti ?

Parce que ce film.... Comme daube monumentale !... Même dans ce cinéma qui se pique de programmer des films « Art et Essai », j'en ai rarement vu des semblables...

Mais bon, je n'ai qu'à m'en prendre qu'à moi-même : je ne lis jamais leur programme puisque, par définition, un prospectus édité par un commerçant décrie rarement les produits qu'il vend.

Dans celui de ce ciné, les films sont si outrageusement loués que je n'y crois plus. On se fie plutôt à l'étiquette « Art et Essai » en se disant que, étiquettage oblige, ça ne peut pas forcément être mauvais.

(Un peu comme quand on achète un système d'exploitation à fenêtres, ça peut pas être mauvais puisque c'est produit par la plus grosse boite de logiciels du monde)

Si j'avais lu le programme j'aurais appris que le film est tiré d'un roman de P.D. James. Déjà ça m'aurait calmé.

Si j'avais lu davantage, j'aurais appris que l'histoire se déroule en Grande-Bretagne, en 2027, 18 ans après que toutes les femmes de la planète soient devenues stériles.

(en fait je ne lis jamais les dossiers de presse des films, je vais au cinoche avec l'innocence et la candeur du petit agneau mené à l'abattoir)

Histoire d'expliquer cette stérilité aussi étrange qu'invraisemblable le programme lâche quelques indices en vrac pour nous mettre sur la voie : l'homme a épuisé toutes les ressources de la planète, du coup c'est pollution, nihilisme et violence à tous les étages.

(Ah ! Ah ! On vous l'avait bien dit que ça vous pendait au nez bande de fanfarons du tuning et du 4x4 ! )

A tel point que l'humanité entière veut se réfugier en Grande-Bretagne, seul pays épargné, paradoxalement grâce à un régime totalitaire qui ne fait pas dans la dentelle.

(Tiens ? Pourquoi la Grande-Bretagne ? Pourquoi pas l'Islande ou la Nouvelle-Zélande ? Ce sont des aussi des îles, non ? )

Et c'est dans ce contexte somme toute pas rose que naît... Euh ! Pardon ! Elles sont toutes stériles ! Qu'est-ce que je suis bête !

Et c'est dans ce contexte somme toute pas rose que surgit Julian (c'est une femme), militante d'un « groupuscule extrémiste clandestin »

(matez le poncif : si c'est « groupuscule » c'est forcément « extrémiste », si c'est « extrémiste » c'est par conséquent « clandestin »)

pour charger Theo, un de ses ex devenu bureaucrate blasé, d'une périlleuse mission : convoyer une jeune réfugiée vers un réseau de sauvegarde de l'humanité... (Les désormais célèbres « Human Project' Boys ! »)

Mais, nous chuchote enfin le prospectus, cette réfugiée n'est pas une réfugiée ordinaire et Theo ne le sait pas...

Ouh dis-donc ! Le programme nous dit que toutes les femmes sont stériles, puis nous dit qu'une jeune femme pas ordinaire doit être amenée vers un réseau de sauvetage de l'humanité...

Eh bé dis-donc ! Je me demande bien ce qu'elle cache celle-là !

Et c'est pourtant sans me douter de quoi que ce soit que je suis allé voir cet « excellent » film de science-fiction...

Eh ben j'aurais mieux fait d'aller draguer à midi en plein désert, c'eût été plus profitable.

Alors, histoire de s'poiler, la réfugiée... (accrochez-vous à votre clavier)  Elle attend... Elle attend...






Un bébé !

Mais dans l'esprit de la très britannique P.D. James, la Grande-Bretagne de 2027 est devenu un pays cent mille fois plus sécurisé qu'un check-point de Naplouse ou de Berlin-ouest. C'est-y pas facile d'y transporter la future maman jusqu'à un point de contact.

Surtout que, pour ce faire, ils doivent transiter par un camp de réfugiés pas piqué des vers.

(Oui, pour quitter le pays ils doivent passer par le lieu où tout le monde passe dans l'espoir de rentrer dans le pays. La métaphore est belle, n'est-ce pas ? Manque plus que le couplet sur la réincarnation)

Et qu'on a droit à des scènes d'émeutes, des scènes d'enlèvement, des scènes d'exécutions sommaires, des scènes de réunions de militants aussi bornés qu'extrémistes

(ces dernières n'apprendront rien à ceux qui ont vu « La vie de Brian » ou ont milité chez les Verts)

des scènes de ratiboisage de camps de réfugiés par les chars britanniques qui nous font aimer nos centres de rétention, jusqu'à...

Image finale du film...

Image apaisante, mais non dénuée de suspens, dans laquelle une frêle embarcation mène, dans le brouillard, nos deux compères jusqu'à une balise maritime qui sera le point de contact.

Hélas, au cours des différentes scènes d'action pure qui rythment le film, Theo s'est pris quelques balles plus ou moins perdues. Et il est faible. Et il a perdu du sang. Et il a un pansement de fortune (les scénaristes d'Urgences bossaient dans le studio à côté).

Il peine à ramer vers la balise.

Va-t-il y arriver ?

Dans la brume apparaît un bateau de pêche...

Mais...

Mais qui ?...

Mais qui est-ce ?...


OUI ! ! !

Ce sont les « Human Boys Project » ! Modernes Rois mages qui accourent vers le petit Moïse sauvé des eaux...

(Ne cherchez plus de vraisemblance, on n'est plus à ça près. Et d'ailleurs P.D. James a écrit « Le fils de l'homme » à 73 ans, alors bon)

Et c'est à cet instant précis, à deux doigts du dénouement et du générique final que Théo se décide enfin à perdre connaissance... La jeune maman lui criant de tenir bon (car elle, elle ne peut pas ramer, elle a son gniard dans les bras)...

(oui, elle l'a mis au monde dans le camp de réfugiés, entre deux salves de mitraillette et quatre explosions de grenades)

Le suspens est terrible !

Le bateau de pêche va-t-il apercevoir le frêle esquif perdu dans la brume ?

Le héros va-t-il reprendre ses esprits pour toucher son cachet ?

Ma visiteuse de lundi à 16h02 va-t-elle revenir sur mon profil ?

Eh bien le film se terminera là-dessus...

Punaise ! Deux heures et 3,50 euros de perdus ! :-(

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