09 septembre 2010
Brève de comptoir
La blague qui se chuchotera peut-être prochainement au Conseil Régional d'Aquitaine :
« Lorsque Jean-Luc Mercadié titube, c'est Alain Rousset qui trébuche ! »
06 septembre 2010
Rions un peu du Conseil Régional d'Aquitaine.
Pardon : Rions un peu du avec le Conseil Régional d'Aquitaine.
Alors voilà, par la presse vous aurez eu connaissance de la grosse fessée que le Conseil régional d'Aquitaine a donnée à Aurélie Boullet, 30 ans, alias Zoé Shepard : déclarée coupable d'avoir écrit un livre, elle écope de dix mois de suspension de la fonction publique, dont six avec sursis. Sans traitement.
Par la presse, vous aurez eu également droit au communiqué de presse de ladite Région. Enfin, quelques extraits. L'intégralité, vous pourrez la trouver ici.
Et vous aurez appris que les six mois de sursis seront «une période d'observation». Ah. On va s'observer. On sent venir les chiens de faïence.
A toutes fins utiles, je me permets de respectueusement rappeler aux cerveaux têtes pensantes responsables décideurs du Conseil régional d'Aquitaine qu'Aurélie Boullet a déjà largement eu le temps d'observer, notamment ce qu'elle voyait autour d'elle.
Le résultat est d'ailleurs consigné dans un livre (« Absolument dé-bor-dée », publié il y a peu aux éditions Albin Michel et que l'on trouve dans toutes les bonnes librairies, y compris chez Mollat, la plus célèbre des librairies bordelaises).
Alors bon, la sanctionner pour ses talents d'observation puis assortir la sanction d'une période d'observation au cours de laquelle elle aura à nouveau les coudées franches pour s'adonner à l'un de ses sports favoris... Ça sent le bâton tendu pour se faire battre... Et quand on connait le taux de récidive chez les jeunes mis au ban de la société... Machiavel doit se tordre de rire dans sa tombe.
Le même communiqué de presse nous apprend qu'un conseil de discipline indépendant s'était prononcé pour une sanction beaucoup plus lourde : deux ans de suspension de la fonction publique.
Si ce blog était une série télé, vous auriez déjà entendu des rires : « conseil de discipline indépendant »...
Ce Conseil s'intitulait donc « Conseil de discipline du Conseil régional d'Aquitaine ». Rien qu'avec le nom on ne voit pas du tout de qui il dépend. Mais les rédacteurs du communiqué de presse nous prient de croire ce qu'ils écrivent, pas ce que nous lisons.
Comme vous le savez si vous avez parcouru mes précédents billets, ce Conseil de discipline du Conseil régional etc était composé de sept membres. Le communiqué de presse nous en apprend une bien bonne : 4 de ces membres étaient tirés au sort. Ce qui implique que trois membres étaient donc choisis ? Ah oui, pour affirmer leur indépendance probablement.
Cinq de ces membres n'avaient pas lu le livre de Zoé Shepard, livre sur les conséquences duquel ils devaient se prononcer... Ce n'est plus de l'indépendance, c'est de l'impartialité. Dans ce qu'elle a de plus pure et virginale.
Le communiqué de presse insiste ensuite sur le fait que l'avis du Conseil « souligne ainsi les caractères diffamatoires, grossiers et injurieux de cet ouvrage qui portent atteinte à la réputation des fonctionnaires et du service public ».
Les gars ! Arrêtez de nous prendre pour des électeurs de base !
Le livre de Zoé Shepard est tellement diffamatoire et injurieux (ce qui ne fait rien moins que deux délits distincts) que c'est devant une formation absolument in-dé-pen-dan-te qu'Aurélie Boullet a été traduite (le Conseil de discipline du Conseil régional etc), et non devant une juridiction de droit commun, celle de l'État français (comme on aurait pu s'y attendre), dont les membres dépendent... du Conseil supérieur de la magistrature. Ah oui, c'est pas comme à la Région, donc.
o O o
« Alain Rousset, président du Conseil régional, a souhaité néanmoins revoir à la baisse cette décision, à l'égard d'une jeune fonctionnaire exerçant sa première expérience professionnelle : il ne retient que quatre mois d'exclusion assortis de six mois de période d'observation. »
Ça y est ! Alain Rousset a dépêtré sa cape des branches d'arbre et sort enfin du bois.
Faut dire qu'avec la gestion calamiteuse de « l'affaire Zoé Shepard » par ses fidèles (ou inamovibles) affidés, on n'en finissait plus de répondre aux chaleureux courriers de remerciements de l'éditeur. L'intérêt de l'Aquitaine et des Aquitains passe probablement par un allègement des parapheurs.
De la révocation initialement envisagée, la sanction était passée à deux ans de suspension sans traitement. Elle termine à quatre mois de suspension sans traitement. Comme le dirait feu Claude Lelouche : « tout ça pour ça ? »
Ah mais oui. C'est parce qu'Aurélie Boullet est jeune (décervelée va ! ). Et c'est son premier boulot (elle croit avoir la vie devant elle ? ). Allez ! On est bon prince ! Quatre mois ! (Qui critique les régions comme étant devenues de féodalités ?)
Un rétropédalage bien curieux quand même, à croire qu'il y a des fissures dans les tours d'ivoire.
M. Savary (celui qui n'a jamais été ministre), socialiste lui aussi, nous y avait préparé sur son blog.
Un billet d'une rare (et maladroite) franchise qui, en passant, dévoilait les affres des élus qui affrontent « l'excessif confinement de la fonction publique territoriale et les risques de dépérissement clientéliste auxquels elle est exposée par la simple pression à l'emploi qui pèse sur les élus locaux » - quel aveu... - et révélait également des pratiques que l'on croyait pourtant réprimées par la loi : « l'Administration n'a jamais été prise de court par un tel cas de figure. Elle a inventé "le placard "pour y faire face. On verra bien si la conscience professionnelle de l'ardente Zoé supportera d'y être "absolument débordée". ».
Ah dis donc ! On croirait lire le livre de Zoé Shepard...
o O o
« Enfin, l'exécutif redit toute sa confiance et apporte son soutien aux agents du Conseil régional, qu'ils soient ici remerciés pour le travail accompli jour après jour au service de l'intérêt de l'Aquitaine et des Aquitains »
Mmmmm... Aquitains... Encore une ligne et je croyais que la région Aquitaine avait obtenue son indépendance.
De quels agents parle-t-on ? De ceux qui sont allés se répandre dans la presse ? Qui sous leur véritable identité, qui sous des noms d'emprunt ? De celui qui a courageusement dévoilé la véritable identité de l'auteur ? De ceux qui ont agi en sous-main pour compromettre le déroulement de sa carrière ?
o O o
« Toute organisation publique ou privée est perfectible, y compris le Conseil régional d'Aquitaine. »
Ah. Il y avait donc du vrai dans le livre de Zoé Shepard ? Le Conseil régional d'Aquitaine aurait-il l'amabilité de nous indiquer les passages dont on pourra se désoler ? Question de respect pour les électeurs, quoi.
o O o
« Mais cela suppose confiance et respect. »
Oui. Respect des (é)lecteurs. Prenons de la hauteur, pas de figures de style mesquines dans les CP, je vous prie.
Alain Rousset a donc décidé de « diminuer » la sanction encourue par Aurélie Boullet.
C'est beau, c'est grand, c'est noble.
On se souviendra de lui comme étant l'Homme qui a secouru et préservé une frêle jeune fille de la tentation du mal, de la médisance et du persiflage...
Euh... Qu'est-ce que je raconte moi ?
Inutile de vous faire un portrait, si beaucoup de régions ont eu des sueurs froides car elles pensaient être décrites dans l'ouvrage de Zoé Shepard, la région Aquitaine est la seule à avoir claironné que oui c'était elle... et avoir engagé des poursuites disciplinaires.
Et sur la foi de quoi ? D'une dénonciation d'un camarade de promo d'Aurélie Boullet.
C'est beau, c'est grand, c'est noble.
30 août 2010
Genèse d'une sanction ?
« Bon, ça suffit cette histoire ! On lui file dix mois (pour faire bonne mesure) dont six avec sursis (pour avoir l'air magnanimes). Comme elle a déjà fait quatre mois de suspension, il lui reste six mois à se tenir à carreaux, elle revient bosser le 6 septembre et on n'en parle plus !
- Mais ce n'est pas possible, tempère l'avocat (qui sera écouté cette fois). On ne peut confondre les deux sanctions, c'est illégal.
- Eh flûte ! Les courriers étaient déjà prêts... Et avec Coconne, pas moyen de les refaire dans les délais... Allez ! Tant pis ! Elle reviendra en janvier de l'année prochaine ! »
PS : dans les jours qui viennent, moi je reviendrai notamment sur le Communiqué de presse du Conseil régional d'Aquitaine annonçant la décision d'Alain Rousset.
Séance de dédicace
« A A.R., mon mécène. Avec les compliments d'Albin Michel. »
Ce n'est pas moi qui écrit ça, bien sûr. Mais puisque 4 mois de signatures diverses semblent se profiler à l'horizon...
(Personnellement, je crois pas qu'il faille ne remercier que A.R.. D'autres ont beaucoup participé à la renommée, et du Conseil régional d'Aquitaine, et du livre qui ne l'a jamais mentionné... )
P.S. : la presse s'empare à nouveau de « l'affaire ». En parcourant les commentaires de leurs lecteurs, je me demande si benoit33 va reprendre du service...
15 juillet 2010
Avocat général
« Mais il y a plus. Cet ouvrage ne s'affiche ni comme roman, ni comme essai. Pas même comme pamphlet. C'est une sorte d'autobiographie sous X, forme désormais répandue dans les forums virtuels où, à la différence des journalistes et critiques déclarés, les anonymes avancent masqués croyant pouvoir tout dire, sans réserve et sans preuves, protégés par l'anonymat d'un avatar avantageux. »
Le Conseil régional d'Aquitaine, dans ses œuvres l'un de ses communiqués de presse.
Voilà, c'est ça le problème avec Internet, l'anonymat des avatars avantageux, les forums virtuels et, pourquoi pas, l'autobiographie sous X (comme on accouche sous X ? )...
Philippe Bilger, qui n'est pas la moitié d'un imbécile, et qui n'a pas été nommé au tour extérieur, lui, propose une excellentissime billet sur les tenants et aboutissants d' « Absolument débordée ».
Et comme il n'avance pas masqué, nul doute que son avis sera pris en considération.
11 juillet 2010
Il y a des homonymies qui font mal
Le Figaro Magazine de cette semaine a consacré un article à celle-dont-on-ne-prononce-plus-le-nom-à-visage-découvert-dans-certains-lieux-de-Bordeaux.
Parmi quelques mises au point qui doivent faire mal à certaines oreilles, on apprend que Zoé Shepard est syndiqué CGT.
Flûte ! Une syndiquée CGT interviewée dans un journal d'extrême-gauche qui parle d'une région étiquetée à droite... Mmmm... On ne pourra plus dire que le livre était une commande de l'UMP...
Puis, en lisant les commentaires d'un ancien article sur le site du Figaro, sur quoi mes yeux absolument ébahis sont-ils tombés ?
Sur ça :
Alors là... Alors là je regarde mes archives de la semaine... Et qui c'est que je vois poser pour une photo parue dans le quotidien Sud-Ouest ?
Oui ! La même personne !
Enfin... Le même nom en tout cas.
Alors là... Alors là il faudrait dire à la personne qui commente dans le site du Figaro sous le nom de Florence Glantenay que Florence Glantenay existe bel et bien (et travaille au Conseil régional d'Aquitaine). Et que publier un commentaire aussi fielleux sous ce nom, ce n'est rien moins que porter atteinte à l'honneur et à la dignité de la véritable Florence Glantenay.
Mme Florence Glantenay, vous avez récemment été étrillée pour une phrase malheureuse relatée par le journal Sud-Ouest (celle-ci), mais quand je vois ce dont sont capables des anonymes publiant sous votre nom, eh bien je ne trouve pas cela correct du tout, et même limite « diffamatoire, injurieux et grossier », je suis sûr que ces propos caricaturaux ne peuvent être les vôtres.
Oh !
Regardez ce que j'ai trouvé à trois clics de là, sur le site du journal Sud-Ouest :
Aaaaaah.... Vive le copié-collé, qui permet un aimable productivisme dans le débat d'idées...
En tout cas c'est confirmé, ce ne peut pas être vous, Mme Florence Glantenay, car le pisse-copie commentant sur le site du Figaro c'est un monsieur : Benoit33 !
08 juillet 2010
Les collègues de « Coconne » voulaient-ils redorer leur blason ?
Lorsque Zoé Shepard a écrit « Absolument dé-bor-dée », elle a bien pris soin de ne nommer ni institutions ni personnes.
Las ! Le Conseil régional d'Aquitaine a récemment fait savoir que c'était d'eux dont il était question dans le livre... Et la presse nationale et internationale de reprendre la bonne nouvelle... Bingo la campagne de pub à pas cher !
Mercredi 7 juillet 2010, un pas de plus dans le « coming-out » a été franchi : Valérie Sarraute-Larnac, Sheila Zecovic, Florence Glantenay, Jean-Marie Blanc et Dominique Durighello, membres actuels ou passés du Conseil régional d'Aquitaine, ont pris la parole dans le quotidien Sud-Ouest pour annoncer ce que nous savions déjà : ils ne ressemblent pas à leur caricature...
Ça doit être ce qu'on appelle la « politique de transparence »... Zoé Shepard ne les a pas nommés, elle a pris soin de préciser dans des interviews qu'elle ne « visait » personne, qu'il ne fallait pas se méprendre sur le sens du livre et ne pas tirer de conclusions hâtives ou généraliser abusivement, le Conseil régional d'Aquitaine a préféré claironner qu'il était le lieu du livre, et certains de ses agents viennent maintenant claironner qu'ils ne ressemblent pas aux personnages du livre...
Avec, au passage, la photo de ces cinq agents... Bien ! Non seulement vous avez maintenant des noms, mais en plus vous avez des photos (rudement pratique pour une dédicace improvisée sur les marches de l'Hôtel de région)... J'ignore qui est en charge de la « communication de crise » au Conseil régional d'Aquitaine mais c'est un cador...
Et le plus beau reste à venir. Florence Glantenay, chargée de mission en information, nous informe dans le même numéro (de Sud-Ouest) :
« Les 35 heures, on les fait parfois en cinq jours »...
Des cadors je vous dis...
photo Sud-Ouest
01 juillet 2010
Au Conseil régional d'Aquitaine, la distribution de baffes continue
C'est donc officiel depuis aujourd'hui 14h02 : le Conseil de discipline du Conseil régional d'Aquitaine s'est prononcé pour une suspension de deux ans de la fonction publique, sans salaire, envers Zoé Shepard, 30 ans, auteur du livre « Absolument débordée ».
Fluctuat en parle, le Monde en parle, Mediapart en parle, LCI-TF1 en parle, la presse internationale en parle, ici et là. Notre télé nationale s'y met (je vous laisse trouver les liens des journaux télévisés), beaucoup de monde en parle...
(Tiens ! En passant, saviez-vous qu'autour du Conseil régional d'Aquitaine gravitent de nombreuses entités, sous forme d'associations Loi de 1901 ? Certaines ont un « rayonnement » international... On leur souhaite bien du plaisir pour leurs prochaines missions « à l'international »... Heigh Hi ! Heigh Ho ! Coucou ! Oui c'est nous de la région Aquitaine !...)
Un Conseil de discipline composé de trois élus (tirés au sort, il y avait deux PS et un Modem), trois administrateurs du Conseil régional d'Aquitaine (des pairs de Zoé Shepard) et un juge administratif. 7 personnes. Et par Fluctuat nous apprenons que 5 de ces 7 personnes n'avaient pas lu le livre...
Et par le Monde, nous apprenons que la région Aquitaine, dont M. Jean-Luc Mercadié, directeur général des services du conseil régional d'Aquitaine, pleure la tristesse de ses agents « humiliés, injuriés, diffamés et certains d'entre eux de façon très injuste » qui motive le conseil de discipline, n'a produit aucun témoignage des dits agents...
Alors non seulement Zoé Shepard est sanctionnée pour avoir écrit un livre (qui ne mentionnait en rien le Conseil régional d'Aquitaine), mais en plus la majorité des membres du Conseil de discipline n'a pas pris connaissance de l'objet du délit...
Alors non seulement le branle-bas autour de ce livre serait dû à des « injures et diffamations grossières », mais dès qu'il s'agit de les étayer, il n'y a plus personne à l'appel...
Euh... On est bien en France ? Pas sous un régime d'opérette ?
Au final, c'est à M. Alain Rousset, éminent président socialiste du Conseil régional d'Aquitaine et fin stratège devant l'Éternel, que reviendra l'insigne honneur de prononcer la sanction définitive, sanction de son choix car il n'est pas tenu par l'avis du Conseil de discipline, il dispose d'un mois pour cela.
Deux ans de suspension sans salaire, je crois que c'était la dernière marche avant la révocation pure et simple.
Dès que la sanction sera officielle, Zoé Shepard pourra exercer un recours devant le Tribunal administratif (et elle le fera), elle disposera de quinze jours pour cela.
Faites vos comptes : quinze jours de délai pour exercer un recours à partir du prononcé de la sanction + un mois hypothétique pour la prononcer, cela fait donc au mieux 6 semaines pour le préparer.
Mais si M. Alain Rousset prononce la sanction très rapidement, disons... lundi prochain, cela ne laissera que quinze jours à Zoé Shepard pour préparer son recours. Au lieu de six semaines.
Bon, faut pas s'affoler, Zoé est une fort en thème, alors deux ou six semaines...
En revanche, ne laisser que quinze jours à subordonnée au lieu de six semaines, ne pourrait-on pas y voir une preuve d'acharnement ?
Si vous êtes venus ici par la page Facebook de Zoé Shepard, vous aurez probablement visité la page de Fansolo, où vous aurez trouvé une analyse pertinente, et comme j'aurai voulu la faire en un billet, de cette affaire. Au passage, on en apprend des gratinés sur les pratiques de certaines administrations...
30 juin 2010
La tête de Zoé Shepard
Vous rêviez de voir la tête de Zoé Shepard ? C'est bien ! Pendant ce temps il y en a qui rêvent de la voir tomber...
France 3 Aquitaine a consacré un petit reportage à la « vaguelette » Zoé Shepard : http://aquitaine.france3.fr/info/aquitaine/l-auteur-anonyme-zoe-shepard-percee-a-jour-63906162.html
« Percée à jour » pour France3... « Démasquée » pour 20 Minutes... Diable ! On a l'impression d'avoir affaire à du grand banditisme.
Je vous copie-colle un communiqué de presse qui m'est passé sous les yeux, et comme je me sens d'humeur plus badine que certains élus, je vous propose un jeu : trouver 7 différences, ou 7 similitudes, avec ce qu'en dit la presse :-)
« En réalité, ce sont les premiers travestissements de la vérité qui demandent le plus d’efforts. Ensuite, on entre dans une sorte de spirale mythomane et les mensonges s’enchaînent avec un naturel assez perturbant rétrospectivement »
Zoé Shepard parlant d’elle-même (op cité page 13)
Paru il y a plus de 3 mois, peu avant le scrutin régional, l’ouvrage « Absolument débordée » de Zoé Shepard, se présente sous la formule vendeuse « Comment faire 35 heures en un mois ».
Les amateurs de bons filons seront frustrés ; pour 19 euros, l’auteure n’a pas de méthode à proposer. En revanche, elle a un discours : un dénigrement continu sur 300 pages de ses collègues fonctionnaires territoriaux, pas assez compétents ou intelligents à son goût. Une goutte de plus dans le discours démagogique anti-fonctionnaire que l’on entend trop souvent, notamment aux abords des élections.
La Région n’est donc pas dupe de ce qui n’est qu’un exemple supplémentaire de cet « état d’esprit qui ruine le sens de l’Etat ».
Mais il y a plus. Cet ouvrage ne s’affiche ni comme roman, ni comme essai. Pas même comme pamphlet. C’est une sorte d’autobiographie sous X, forme désormais répandue dans les forums virtuels où, à la différence des journalistes et critiques déclarés, les anonymes avancent masqués croyant pouvoir tout dire, sans réserve et sans preuves, protégés par l’anonymat d’un avatar avantageux.
Pour autant, de nombreux indices laissent à penser que la collectivité décrite au long de ce livre est le Conseil régional d’Aquitaine, et que l’auteure est un agent du service des relations internationales. A l’évidence, dans ce contexte, c’est toute la crédibilité et l’honneur du personnel de la Région qui sont mis à mal par un tel type d’ouvrage qui devient dès lors purement injurieux, grossier et surtout diffamatoire.
Si les élus, et en particulier le Président de l’institution, sont des personnages publics et en tant que tels admettent la caricature, même exagérée et méchante, comme partie intégrante des « risques du métier », il n’en va pas de même des agents territoriaux.
Il est profondément inadmissible que des fonctionnaires travaillant dans l’ombre se voient injuriés et diffamés de façon grossière, alors que la qualité de leur travail n’est pas mise en doute dans la réalité. C’est donc pour laver leur honneur que la Région a suspendu de toutes ses fonctions l’auteure désormais identifiée. En raison de son manquement à l’obligation de réserve et de discrétion qui incombe à tout agent public, cette dernière est convoquée devant le conseil de discipline ce jeudi 1er juillet 2010.»
Bon, bref, vous l'aurez compris : le Conseil régional d'Aquitaine n'est pas d'accord avec ce que dit Zoé Shepard, et il ne va surtout pas se battre pour qu"elle puisse le dire.
Le site du quotidien Sud-Ouett consacre un nouvel article à Zoé Shepard, la phrase de conclusion est d'une saveur particulière :
« De toute façon, prendre son parti serait un suicide professionnel », lâche une de ses collègues.
29 juin 2010
Zoé Shepard, la presse en parle, aujourd'hui...
France 3 aborde aujourd'hui la révocation possible de Zoé Shepard pour « manquement à l'obligation de réserve » et cite M. Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine, qui estime que « de nombreux indices permettaient de l'identifier [le Conseil régional d'Aquitaine] bien que l'institution ne soit pas nommée ».
Dans un article publié par le quotidien Sud-Ouest aujourd'hui, J.-B. G. écrit « le problème est que le livre permet d'identifier assez bien le Conseil régional d'Aquitaine ».
Sur l'obligation de réserve des fonctionnaires, on se reportera avec bonheur aux billets de Maître Eolas, dont celui-ci, vous verrez, ce n'est pas aussi tranché qu'on veut bien nous le faire croire.
Sur l'identification assez aisée du Conseil régional d'Aquitaine...
Hum ! Le livre est sorti il y a plus de trois mois, depuis, les fins limiers du journal Sud-Ouest n'ont pu, en tout et pour tout, publier que deux petits entrefilets relatant des rumeurs (voir en fin de billet). Mais aujourd'hui le Conseil régional d'Aquitaine est « assez aisément identifiable ».
Diable ! Ça a quand même pris plus de trois mois... Que ne l'ont-ils dit plus tôt ! Vous, un truc « aisément identifiable », il vous faut trois-quatre jours à tout casser pour le trouver, non ?
Et si cela avait été si simple, si la révélation n'avait pas été provoquée par le Conseil régional d'Aquitaine lui-même, sauriez-vous aujourd'hui de quelle collectivité territoriale il serait question dans « Absolument dé-bor-dée » ?
Les journalistes à décharge deviennent diserts en faveur du Conseil régional d'Aquitaine. Cherchez dans le livre des références à cette collectivité, vous n'en trouverez pas. Nulle part. Et Zoé Shepard, loin d'adopter un « discours démagogique anti-fonctionnaire que l’on entend trop souvent » (dixit le communiqué de presse du Conseil régional d'Aquitaine), a toujours été claire sur sa conception du service public, reportez-vous notamment à l'interview accordé à Fluctuat.net.
Et ce même communiqué de presse de parler de « type d'ouvrage [...] diffamatoire »... Hum ! Hum ! La diffamation, c'est dans les trois mois qu'il faut agir en justice pour « rétablir son honneur ». Pourquoi cela n'a-t-il pas été fait ?
Manifestement, il y a des gens qui ne démentent en rien ce qui est relaté dans le livre, et ne s'en sentent même pas gênés aux entournures.
Les entrefilets du quotidien Sud-Ouest
Le 8 Mai 2010 :
Le 29 Mai 2010 :
Et l'article décharge du jour :







